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L’opposition revient à la charge pour l’ajournement du vote

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A la reprise de la pause demandée par Moustapha Niasse pour consulter les présidents des deux groupes et Aïda Mbodj, représentante des non-inscrits du mois d’avril, les parlementaires opposés à cette loi de parrainage sont revenus à la charge. Tour à tour, les députés Toussaint Manga du Pds, Cheikh Bamba Dièye du Fsd/Bj, Oulimatou Guiro, Moustapha Guirassy, Aïssata Tall Sall, El Hadji Issa Sall du Pur etc. ont tenté de faire ajourner la séance. Entre autres arguments brandis par les pourfendeurs de la loi, le viol du secret du vote, l’impossibilité pour les militaires et paramilitaires de parrainer un candidat, à cause de la crainte de représailles de la hiérarchie. Il a été aussi fait cas du «forcing» du régime qui n’aurait pas dialogué sur la question, ou encore la «ruine des valeurs démocratiques» en adoptant ledit système. Dans cette diatribe contre la loi en examen, l’opposition a soulevé l’inégalité financière des partis politiques qui pourrait favoriser la corruption. Il y a aussi l’inapplicabilité de la mesure du parrainage qui été soulevée, notamment sur le plan technique, sans oublier les nombreux appels à l’apaisement et à la suspension de la loi sur le parrainage par les  chefs coutumiers et religieux. Le retrait de la loi pour des discussions ente acteurs a été proposé par la mairesse de Podor, Aïssata Tall Sall, qui a précisé toutefois ne pas réclamer son annulation.

Toute chose qui, naturellement, ne trouvera pas l’assentiment des députés de la majorité. Pour répondre aux différentes questions préalables, le président Moustapha Niasse a donné la parole au président de la Commission des lois, de la décentralisation, du travail et des droits humains, Seydou Diouf. Ce dernier, qui a aussi cité les dispositions du règlement intérieur, a fait savoir qu’après la question préalable posée par Aïssatou Tabara, qui voulait l’ajournement de la séance, il n’était plus possible à un autre député de chercher le même objectif en posant des questions préalables. Ainsi donc, il a estimé que la question du député Me Madické Niang ne visait rien d’autre qu’à appuyer la demande de sa collègue. La rapporteuse, Yéya Sow, tout comme le ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, se sont tous conformés à la position du président de la Commission des lois. Pour Seydou Diouf, tout le débat soulevé par l’opposition montre qu’il faut aller dans le fond des débats sur la loi, pour expliquer aux populations la teneur et le bien-fondé du parrainage. Ainsi donc, il estimera que leurs adversaires cherchent à retarder le vote, mais que dans les débats, lui et son camp exposeront le bien-fondé dudit système.

Des questions préalables pour ajourner le vote de la loi

Auparavant, les députés de l’opposition avaient tenté, à leur manière, de retarder le vote de la loi. Cela, en posant des questions préalables, afin d’obtenir des députés l’ajournement de la séance plénière. C’est en fait le député Aïssata Tabara de la diaspora qui a été la première à poser sa question. Elle invitera ses collègues à se lever et à quitter la salle, car estimant que la loi en questionest «discriminatoire». Elle s’est dit d’avis que les députés doivent écouter le peuple qui est dans la rue. Lui emboitant le pas, le président du groupe parlementaire “Liberté et démocratie“, Me Madické Niang, posera 4 arguments pour tenter d’obtenir l’ajournement. Tout d’abord, il a soutenu que le changement de la Constitution ne peut être opéré que par le peuple, selon les textes. Puis, selon lui, il faut au préalable procéder au changement de l’article 4 de la Constitution, qui ne met pas au même pied les partis politiques et les indépendants, avant d’introduire le parrainage. Autre argument soutenu par l’ancien ministre libéral, l’analphabétisme d’au moins 60% des Sénégalais. Pour lui, «comment peut-on demander à des Sénégalais qui ne savent ni lire ni écrire, de signer pour parrainer un candidat ?» Dans le même sillage, il fait noter que sur la numérotation des projets de loi, le président de la République a d’abord adopté la loi électorale, avant d’en faire de la loi constitutionnelle. Ce qui serait une erreur, dans la mesure où il fallait procéder d’abord au vote de la modification de la Constitution, avant de toucher la loi électorale. Autant de faits qui lui ont fait dire que «s’il y a injustice, il y a la main de Dieu pour la réparer», avant de réclamer l’’ajournement de la séance.

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